Mis à jour le 14 août 2026
Quels signaux montrent que la livraison vous coûte de l'argent ?
Le premier signal est l'écart entre le chiffre d'affaires affiché dans l'application et ce qui arrive réellement sur votre compte en banque. Un écart normal existe (commission, remises, remboursements), mais un écart qui se creuse d'un mois sur l'autre sans explication mérite un examen ligne à ligne.
D'autres signaux se lisent directement sur les relevés : des retenues récurrentes (remboursements clients, ajustements, corrections) qui reviennent chaque semaine, des promotions actives en permanence dont personne ne connaît le coût, ou un taux d'annulations qui monte sans cause identifiée.
Le dernier signal est comptable : votre volume de commandes livrées progresse, mais le résultat du point de vente stagne ou recule. Une croissance qui ne se retrouve pas en caisse est le symptôme classique d'un canal mal contrôlé, pas forcément d'un canal condamné.
Comment poser le diagnostic à partir de vos relevés ?
Prenez les relevés de versement d'un mois complet, par plateforme et par point de vente. Partez du net réellement versé, puis remontez ligne à ligne : commission (couramment constatée entre 20 et 30 % selon le rapport ARPE GT3 de septembre 2025), remises à votre charge, remboursements, ajustements, frais marketing.
Retirez ensuite le coût des ingrédients et de l'emballage des commandes livrées. Ce qui reste est la marge réelle du canal livraison. Si elle est négative, la livraison vous coûte de l'argent. Si elle est faible, chaque erreur non contestée ou remise non pilotée peut la faire basculer dans le rouge.
Faites le calcul établissement par établissement, jamais en moyenne. Un réseau peut paraître rentable globalement alors que deux ou trois points de vente perdent de l'argent chaque mois sans que personne ne le voie.
Quelles fuites passent le plus souvent inaperçues ?
Les erreurs de facturation d'abord : commandes livrées mais non réglées, ajustements injustifiés, lignes qui ne correspondent pas aux conditions acceptées. Des études de marché externes les situent couramment entre 2 et 4 % du chiffre d'affaires livraison. Elles se contestent auprès des plateformes, mais seulement si quelqu'un les repère à temps.
Les promotions non pilotées ensuite : une offre restée active depuis des mois, un cumul de remise et de publicité payante sur la même période, une opération dont la part à votre charge n'a jamais été vérifiée sur le relevé.
Les remboursements clients enfin. Chaque commande remboursée qui vous est imputée sans vérification est de la marge perdue, alors qu'une partie de ces imputations peut être contestée avec les bons justificatifs, dans les délais prévus par chaque plateforme.
Faut-il quitter les plateformes quand la rentabilité baisse ?
Pas avant d'avoir mesuré. Fermer le canal supprime le problème apparent, mais supprime aussi un chiffre d'affaires qui peut redevenir rentable une fois les fuites corrigées. On abandonne parfois un canal rentable mais mal contrôlé, et cette clientèle est difficile à reconstruire ensuite.
Les plateformes ne sont pas vos adversaires : elles vous apportent des clients que vous ne toucheriez pas autrement. Ce qui plombe la rentabilité, ce sont le plus souvent des erreurs de facturation non contestées, des prix de carte inadaptés au canal et des offres mal pilotées. Trois problèmes qui se corrigent.
La bonne question n'est donc pas « faut-il partir ? » mais « que reste-t-il par commande une fois tout déduit, et qu'est-ce qui peut être corrigé ou récupéré ? ». La décision de rester ou de partir se prend après ce calcul, jamais avant.
Comment corriger avant de trancher ?
Ajustez d'abord vos prix de carte en livraison pour absorber la commission sans faire fuir le client, produit par produit. Coupez ensuite les promotions permanentes : ne gardez que des opérations courtes, avec un objectif exprimé en marge et une date de fin.
Contestez systématiquement les erreurs de facturation et les imputations de remboursement injustifiées, dans les délais. Instaurez enfin un suivi mensuel simple : net encaissé, total des retenues, marge par point de vente. C'est ce rituel qui empêche les fuites de revenir.
Si vous manquez de temps pour ce travail, un regard extérieur peut poser le diagnostic. L'audit gratuit de Atelia se fait sans engagement et en lecture seule sur vos relevés : jamais vos identifiants, jamais votre argent. Et quand des sommes sont récupérées auprès des plateformes, 100 % du récupéré revient au restaurant.