Mis à jour le 14 août 2026
Que coûte réellement une commande de courses livrée ?
Une commande de courses livrée supporte d'abord la commission de la plateforme. Selon les grilles publiques d'Uber Eats et de Deliveroo, elle se situe couramment autour de 25 à 30 % du panier sur les offres avec livraison assurée par la plateforme, moins en retrait en magasin. Ce poste est visible et connu ; ce n'est pourtant pas lui qui décide seul de la rentabilité.
Viennent ensuite les coûts que peu de magasins chiffrent : le temps de préparation en rayon, les sacs et emballages, les substitutions et les remboursements d'articles manquants. Un panier de courses compte souvent dix à vingt références, contre trois ou quatre pour un repas. Chaque ligne est une occasion d'erreur, donc de remboursement imputé au magasin.
La bonne unité de mesure est la marge nette par commande : panier, moins commission, moins coût de préparation, moins emballages, moins retenues. Tant que ce calcul n'est pas posé, le chiffre d'affaires livré peut masquer des commandes vendues à perte.
Pourquoi la préparation en rayon change-t-elle l'équation par rapport à un restaurant ?
Un restaurant prépare une commande dans une cuisine de quelques mètres carrés, avec une carte fermée. Un magasin prépare dans des centaines de mètres carrés de rayons, avec des milliers de références dont le stock bouge en permanence. Le temps de picking devient un coût salarial direct, à intégrer commande par commande.
Ce temps se compresse avec de l'organisation : un préparateur dédié aux heures de pointe, un parcours de préparation qui suit l'ordre des rayons, des références en ligne rangées à des emplacements connus. À commission égale, un panier préparé en six minutes et un panier préparé en quinze minutes n'ont pas du tout la même marge.
L'autre différence majeure est l'article manquant. En restauration, la rupture se voit en cuisine avant d'accepter la commande. En magasin, elle se découvre souvent au moment de la préparation, quand le client a déjà payé : c'est là que naissent les substitutions et les remboursements.
Faut-il livrer via Uber Eats et Deliveroo ou avec vos propres livreurs ?
Les plateformes apportent trois choses difficiles à répliquer : une audience installée qui commande déjà, une flotte de livreurs disponible sans recrutement, et l'encaissement intégré. En contrepartie, vous payez la commission et vous ne recevez pas les coordonnées complètes du client, qui reste client de la plateforme.
La livraison en propre inverse l'équation : vous gardez la marge et la donnée client, mais vous portez des coûts fixes lourds (livreurs ou prestataire, site ou application, paiement, marketing pour créer le trafic). Ce modèle ne se rentabilise qu'à partir d'un volume régulier que peu de magasins indépendants atteignent seuls.
L'ordre raisonnable est donc de commencer par les plateformes pour valider la demande de votre zone, en mesurant la marge nette réelle de chaque commande. La livraison en propre, ou un modèle hybride, se justifie ensuite, quand le volume est prouvé et que vous savez précisément ce que chaque canal vous rapporte.
Quel assortiment mettre en ligne : toute la surface de vente ou une sélection ?
Publier tout le magasin est tentant ; c'est presque toujours une erreur au départ. Plus le catalogue en ligne est large, plus l'écart entre le stock affiché et le stock réel se creuse, et plus les articles manquants se multiplient. Or chaque article manquant coûte deux fois : le remboursement retenu sur votre versement et la note client dégradée.
La sélection gagnante est réduite mais fiable : les références à forte rotation dont vous maîtrisez le réassort, les marges connues, les produits qui supportent bien le transport. Quelques centaines de références bien tenues rapportent plus que des milliers de lignes approximatives.
Élargissez ensuite par paliers, en suivant deux indicateurs : le taux de commandes avec un article manquant ou substitué, et la marge nette par commande. Tant que ces deux chiffres tiennent, vous pouvez ouvrir de nouvelles familles de produits.
Comment savoir si vos courses livrées sont rentables ?
La rentabilité du quick commerce se lit dans les relevés de versement, pas dans l'application. C'est là qu'apparaissent les commissions réellement prélevées, les ajustements, les remboursements d'articles manquants et les éventuelles erreurs de facturation qui vous coûtent de l'argent sans qu'aucune alerte ne se déclenche.
Le contrôle utile se fait ligne à ligne : rapprocher chaque commande de son versement, identifier chaque retenue, vérifier qu'elle correspond à un incident réel. La plupart des magasins ne le font pas encore, faute de temps, alors que c'est précisément là que se joue la différence entre un canal rentable et un canal subi.
C'est le métier de Atelia : suivre la marge réelle de chaque point de vente en livraison, contrôler les relevés et faire valoir vos droits quand une retenue est contestable. Le principe est simple : 100 % du récupéré revient au point de vente.