Mis à jour le 14 août 2026
De quoi dépend le financement d'une promo nationale ?
Mécaniquement, sur Uber Eats comme sur Deliveroo, le coût d'une offre (remise sur articles, frais de livraison offerts, offre de bienvenue) est déduit des versements du compte sur lequel elle est activée. Si l'offre est activée sur le compte de votre restaurant, c'est votre point de vente qui en supporte le coût, sauf mécanisme de compensation prévu par ailleurs.
La question se joue donc à deux niveaux : le niveau technique (qui a activé l'offre, sur quel compte) et le niveau contractuel (ce que votre contrat de franchise ou l'accord d'enseigne prévoit sur la répartition des coûts marketing).
En pratique, trois cas de figure existent : le siège finance sur son propre budget et compense les points de vente, le siège active l'opération et en laisse le coût aux franchisés, ou le coût est partagé selon une clé de répartition. Votre contrat doit dire lequel s'applique ; s'il ne dit rien, c'est un point à clarifier par écrit avant la prochaine opération.
Comment savoir qui a activé l'offre et sur quel compte ?
Dans l'espace de gestion de votre compte plateforme, chaque offre active est listée avec sa mécanique, sa période et son périmètre. Si une offre apparaît sur votre compte sans que vous l'ayez créée, c'est qu'un accès administrateur de niveau enseigne l'a activée pour votre point de vente.
Demandez à votre direction d'enseigne la liste des accès qui ont la main sur votre compte, ainsi que le calendrier des opérations nationales prévues. Une opération qui démarre sur votre compte sans annonce préalable est un signal de gouvernance à corriger, pas une fatalité.
Gardez une trace écrite de chaque opération : dates, mécanique de l'offre, qui l'a décidée, qui la finance. C'est ce document qui fera foi au moment de vérifier vos relevés, et qui évitera les débats de mémoire six mois plus tard.
Les campagnes sponsorisées du siège sont-elles refacturées aux franchisés ?
Les annonces sponsorisées (mise en avant payante dans l'application) suivent la même logique que les offres : elles sont facturées au compte qui les porte. Un siège peut lancer une campagne sur son propre budget, ou activer des campagnes directement sur les comptes des points de vente, auquel cas le coût est déduit de leurs versements.
Certains réseaux refacturent aussi les campagnes via la redevance publicitaire prévue au contrat de franchise. Dans ce cas, vérifiez que vous ne payez pas deux fois : une fois via la redevance, une fois via la déduction sur vos versements plateforme.
Exigez le détail : quelle campagne, quelles dates, quel budget, quelle part imputée à votre point de vente et sur quelle base. Une refacturation globale et non détaillée ne vous permet de contrôler ni le montant ni la répartition.
Pouvez-vous refuser de participer à une opération de l'enseigne ?
Cela dépend de votre contrat de franchise. S'il prévoit la participation aux opérations nationales comme un élément du concept, un refus peut constituer un manquement contractuel. S'il ne prévoit rien, votre accord est en principe requis pour engager un coût sur le compte de votre société.
La vraie question est souvent économique autant que juridique : une opération nationale peut être pertinente à l'échelle du réseau (volume, visibilité, recrutement de clients) et déficitaire pour votre point de vente, selon votre marge et votre mix de commandes. Chiffrez avant de contester : coût de la remise, commandes additionnelles, marge dégagée sur ces commandes.
En cas de désaccord, posez la question par écrit et demandez la clause qui fonde l'obligation. Pour la portée juridique exacte, faites relire votre contrat par un avocat en droit de la distribution.
Comment retrouver le coût réel d'une opération dans vos relevés ?
La méthode : isolez la période de l'opération, puis comparez vos relevés de versement avec une période équivalente sans opération. Trois lignes à suivre : les remises déduites (le coût direct de l'offre), les frais publicitaires, et l'évolution du volume de commandes et du panier moyen.
Le coût réel d'une opération, c'est l'ensemble des remises et frais déduits de vos versements, moins la marge générée par les commandes additionnelles qu'elle a apportées. Une opération peut augmenter votre chiffre d'affaires brut et faire baisser votre net : seul le rapprochement ligne à ligne le fait apparaître.
Ce travail est fastidieux mais décisif : c'est lui qui permet d'imputer chaque euro au bon payeur et de repérer les déductions qui ne correspondent à aucune opération convenue. C'est le type de vérification que des experts de la gestion et de la rentabilité delivery comme Atelia by Seryz Group mènent pour les points de vente et les réseaux.
À quoi reconnaît-on une gouvernance promotionnelle saine ?
À sa transparence : chaque euro d'offre doit être imputable et vérifiable des deux côtés. Côté siège, cela signifie annoncer les opérations à l'avance, documenter la mécanique et la prise en charge, puis fournir un récapitulatif par point de vente après l'opération.
Côté franchisé, cela signifie vérifier ses relevés après chaque opération et signaler les écarts par écrit, rapidement : les fenêtres de contestation des plateformes sont courtes, et un écart signalé tard est souvent un écart perdu.
Cette discipline sert les deux parties : le siège conserve la capacité de mener des opérations nationales puissantes, et les franchisés gardent la certitude de ne payer que ce qu'ils doivent. C'est la condition pour que les promotions restent un investissement, pas une source de conflit dans le réseau.